Niqihaqut (notre nourriture) : terre et entraide

À Taloyoak, la nourriture a toujours été plus qu’un moyen de subsistance : elle permet aux gens de prendre soin des autres, de partager le savoir et de transmettre la culture. Cependant, de nombreuses familles peinent de plus en plus à obtenir des aliments sains. D’une part, la nourriture achetée en magasin coûte cher et doit arriver du sud par avion; d’autre part, il est plus difficile qu’avant de transformer les aliments traditionnels et de les distribuer à grande échelle. Ces défis affectent le quotidien des Aîné.e.s, des familles à faible revenu et des parents célibataires.

Parallèlement, la chasse n’est plus aussi rémunératrice pour les personnes qui la pratiquent, et pour les jeunes, il n’y a plus autant d’occasions d’apprendre, en toute sécurité, les techniques de récolte et de préparation des aliments aux côtés de personnes d’expérience. Ce n’est pas la terre qui ne fournit plus assez, mais bien les systèmes conçus pour soutenir la communauté qui font défaut.

Une mission communautaire qui repose sur des générations de savoirs

Man gutting fish
Sketch of facility
Elder preparing food.
salmon hanging

Niqihaqut, qui signifie « notre nourriture » en inuktitut, représente un engagement collectif à prendre soin des autres au moyen de systèmes alimentaires inuits ancrés dans le respect, la durabilité et le partage.

En 2020, le projet Niqihaqut a reçu un Prix Inspiration Arctique d’une valeur de 451 000 $ pour mettre en place un nouveau modèle d’économie sociale et de souveraineté alimentaire. Guidé par les Aîné.e.s, les spécialistes de la chasse, les femmes et les jeunes, le projet est dirigé par la Taloyoak Umaruliririgut Association et repose à la fois sur le savoir inuit (Inuit Qaujimajatuqangit) et sur des générations de savoirs.

Au cœur de Niqihaqut se trouve la construction d’une installation communautaire de découpe et d’emballage conçue pour transformer, à proximité, les aliments traditionnels récoltés localement. L’installation soutient les pratiques de récolte inuites, crée des emplois dans la région et permet de s’assurer que la nourriture est préparée dans le respect de la culture, de la langue et des protocoles traditionnels.

Les Aîné.e.s et les spécialistes de la chasse dirigent également l’élaboration d’un plan de récolte durable guidé par le savoir inuit relatif à l’équilibre et au cycle des saisons. Par cette approche, la communauté s’assure de respecter et de protéger les espèces sauvages tout en favorisant l’enseignement des prochaines générations de chasseurs et de chasseuses.

Une communauté qui prospère grâce au partage de la nourriture

Dans le cadre de Niqihaqut, les jeunes passent du temps en nature pour apprendre des techniques de récolte, de préparation et de distribution des aliments aux côtés d’Aîné.e.s et de spécialistes de la chasse. Cette expérience procure un sentiment de confiance et de fierté, renforce l’identité inuite et favorise la transmission du savoir culturel et linguistique. En outre, les femmes revitalisent certaines compétences traditionnelles, comme la transformation des peaux d’animaux, ce qui consolide l’apprentissage intergénérationnel et encourage l’autonomie.

À mesure que l’accès aux aliments traditionnels augmente, Niqihaqut prône une alimentation saine et renforce l’idée que la santé, la culture, la terre et la communauté sont indissociables.

Prochaines étapes

Niqihaqut continue de prendre de l’ampleur grâce à un leadership communautaire, à un but commun et à de nouvelles ressources. Les responsables du projet cherchent maintenant à étendre l’accès aux aliments traditionnels dans l’ensemble du Nunavut et à faire part de leur approche à d’autres communautés inuites, le cas échéant.